1. La perte de continuité dans le parcours de santé et de soins
Les informations de santé et de prise en charge se fragmentent facilement lorsque l’on change de médecin, d’aidant, de pays ou de cadre de soins.
Le contexte se perd, les historiques repartent de zéro et les décisions sont prises à répétition sans vision claire de ce qui s’est déjà produit.
2. La déformation de l’information dans les situations de vulnérabilité
Les faits médicaux sont souvent transmis oralement, interprétés par des aidants non médicaux ou reconstruits dans l’urgence.
Avec le temps, ces transmissions génèrent des imprécisions qui nuisent à la compréhension, à la confiance et à la qualité des décisions — en particulier lorsque plusieurs personnes interviennent.
3. Des décisions prises sous fatigue, stress ou incertitude
La prise en charge au long cours comporte des moments où il faut décider vite, alors même que les personnes impliquées sont fatiguées,
émotionnellement engagées ou privées d’une vision d’ensemble. Sans historique structuré ni traçabilité, le risque de préjudices évitables augmente.
4. Des risques invisibles d’abus et de déséquilibre de pouvoir
Lorsque maladie, dépendance et responsabilités financières se croisent, l’opacité favorise les dérives : mauvaise utilisation des ressources,
pressions, décisions contestables ou conflits non résolus. Ces risques restent souvent invisibles faute de traces durables des relations, des choix et du contexte financier.
pourquoi est-ce important ?
1. La continuité protège lorsque les systèmes échouent
Grace se situe entre les systèmes de santé, les aidants et les institutions — là où les ruptures sont les plus fréquentes.
Préserver une continuité dans le temps permet de limiter les répétitions, les erreurs et les escalades inutiles.
2. Des faits conservés sont plus fiables que des souvenirs reconstruits
En préservant les documents médicaux d’origine, les observations et les chronologies, Grace réduit la dépendance à la mémoire et à l’interprétation,
précisément lorsque l’exactitude est essentielle.
3. La visibilité réduit les risques sans accuser
La protection des personnes vulnérables est traitée comme une responsabilité de conception.
En rendant visibles les schémas, les rôles et les historiques — sans jugement ni conclusions — Grace favorise la responsabilité tout en respectant la complexité humaine.
4. La dignité repose sur l’autonomie et la clarté
En situation de vulnérabilité, la dignité est préservée lorsque l’histoire, les soins et les intérêts d’une personne ne disparaissent pas au gré des changements.
Grace contribue à maintenir cette continuité, même lorsque la personne ne peut plus défendre elle-même ses intérêts.
ce que je fais
J’explore comment assurer une continuité durable des soins et de l’accompagnement sans transformer le logiciel en autorité médicale,
en moteur de décision ou en outil de conformité.
Grace est un prototype exploratoire de type PWA qui conçoit la santé et l’aide à domicile comme un dossier continu, appartenant à la personne —
conservant l’historique, les documents, les observations et le contexte de prise en charge à travers le temps et les intervenants.
L’approche est volontairement mesurée :
- préserver des faits, sans les interpréter
- soutenir le jugement humain éclairé, sans s’y substituer
- rendre les risques visibles, sans automatiser l’intervention
Ce travail s’appuie sur une formulation rigoureuse des problèmes, des garde-fous éthiques et une grande discipline dans le langage —
afin d’évaluer si une continuité structurée et traçable peut réellement réduire les risques, la fatigue et la perte de contexte dans des situations réelles de prise en charge.
quels problèmes Kazit résout ?
1. Perte de contexte dans la durée quand on possède un actif
Les décisions d’entretien, les raisons derrière les choix et les leçons apprises
s’effacent avec le temps — et l’on se retrouve à revivre les mêmes problèmes, comme si tout recommençait.
2. Connaissance d’entretien éparpillée
L’information se disperse entre la mémoire, des papiers, des messages, des photos et des tableurs.
résultat : difficile de reconstituer ce qui a été fait, pourquoi, et si la solution a réellement fonctionné.
3. Entretien imprévisible et problèmes récurrents
Sans logique conservée ni approche préventive, l’entretien devient une suite d’urgences : plus cher, plus stressant, et moins maîtrisé qu’un plan clair et progressif.
4. Dépendance aux personnes plutôt qu’à un système
Faute d’un référentiel durable et piloté par le propriétaire, on dépend des prestataires, de la famille ou d’intermédiaires — et l’information se perd à chaque changement de personne.
Pourquoi est-ce important ?
1. Réduire la charge mentale sur le long terme
Kazit “sort la mémoire de la tête” : plus besoin de tout ré-analyser des années plus tard pour comprendre une décision passée.
2. Préserver l’apprentissage, pas seulement des traces
En capturant ce qui a marché, ce qui a échoué, et pourquoi, Kazit transforme l’entretien en savoir réutilisable — pas en simple archivage.
3. Mieux planifier et mieux anticiper les risques
La prévention et la continuité d’exécution réduisent les surprises, la reprise de travail (rework) et les dépenses inutiles.
4. Mieux superviser, avec une confiance maîtrisée
Le propriétaire garde de la clarté et du contrôle, même lorsqu’il délègue l’exécution.
ce que je fais ?
J’explore comment la gestion de la maintenance d’un actif peut s’appuyer sur une intelligence “dans la durée” — au-delà du suivi de tâches ou du stockage de documents.
Kazit est un prototype exploratoire qui modélise l’entretien comme un projet : préparation, exécution, problèmes, résolution et prévention — en conservant à la fois l’historique et le raisonnement.
Mon objectif : cadrer le problème avec rigueur, itérer rapidement, et vérifier si une “mémoire structurée” de l’actif réduit réellement l’effort, le risque et la fatigue décisionnelle au fil du temps.